Au cours des dernières années, le style India Pale Ale (IPA) a fait l’objet de multiples interprétations. Nous avons subi une avalanche de black IPA, de NEIPA etc. Au milieu de ce tourbillon, des micro IPA sont apparues ; également connues sous le nom de nano IPA. De plus en plus de brasseries étiquettent leurs produits de cette manière, mais savez vous ce qu’est une micro IPA ?
Qu’est-ce qu’une Micro IPA et une Nano IPA ?
Une Micro IPA est une IPA avec une très légère teneur en alcool. C’est un sous style de la IPA classique.
Comme toute yankee IPA, elle est basée sur une pale ale dans la tradition anglaise, mais avec une charge extraordinaire de houblon américain. Cependant, ils ne sont pas aussi amers qu’un IPA américain car le houblon est principalement utilisé pour son arôme. Les micro IPA ont également un faible volume d’alcool. La plupart ne dépassent pas 3 % d’alcool. Si toutes ces caractéristiques vous semblent familières, vous avez raison. Vous avez déjà bu cette bière.
Un micro IPA n’est rien d’autre qu’une session IPA, mais avec un nouveau nom pour… vendre plus ? projeter un positionnement plus moderne ? Nous ne sommes pas sûrs de la motivation. Cette tendance en provenance des États-Unis a également contaminé la péninsule ibérique.
S’agit-il ou non d’une session IPA ?
Il existe des exemples plus internationaux (surtout dans le monde anglophone), mais ces deux-là sont assez représentatifs du concept. Toutefois, si nous sommes réalistes, nous nous rendrons compte que la plupart des session IPA que nous trouvons sur le marché ne descendent pas en dessous de 3-4% d’alcool. En fait, certains atteignent et dépassent 5 % de VBA alors qu’ils ne devraient pas.
En ces termes, nous pouvons comprendre les micro IPA comme une réaction aux session IPA d’alcoolémie supérieure. Pour faire une réelle différence, la plupart des références commerciales de micro IPA ont moins d’alcool que les session IPA. On peut comprendre le phénomène “micro” ou “nano” comme une “session” ou une “double session”. Sinon, il n’y a pas d’autres différences notables.
Cette réponse des brasseurs nous donne un indice sur la direction que prendra le marché de la bière artisanale à l’avenir : des bières savoureuses et aromatiques, mais avec un faible volume d’alcool. Le consommateur spécialisé ne cherche pas à se saouler, mais à boire de la bière sans subir les effets de l’alcool. Et plus la variété stylistique est grande, mieux c’est !
Origine des micro IPA
Les micro IPA sont apparues dans la seconde moitié des années 2010 en réponse à la demande croissante de bières à faible teneur en alcool sur la scène britannique et irlandaise. Elle s’inscrit dans la tradition des bières à faible teneur en alcool comme les bières de saison dans un contexte où la consommation d’alcool continue à diminuer.
Le profil type d’une Micro IPA
Sur le papier, une Micro IPA tient en trois chiffres. Le taux d’alcool (ABV) plafonne le plus souvent entre 2,5 et 3,5 %. L’amertume, mesurée en IBU, reste modérée — rarement au-dessus de 40 — car le houblon sert surtout l’arôme, pas le mordant. Et la robe va du jaune paille au doré trouble, selon que le brasseur cherche un profil net ou juteux.
Le défi technique est réel : sortir une bière aromatique avec si peu de matière première relève de l’équilibriste. Avec un corps aussi léger, le moindre défaut s’entend. C’est pour ça qu’une bonne Micro IPA trahit souvent un brasseur qui maîtrise son sujet.
Micro IPA ou session IPA : faut-il vraiment trancher ?
On l’a dit, la frontière est poreuse. Dans les faits, voici comment on les distingue au comptoir :
- Une session IPA tourne autour de 3,5 à 4,5 % et garde une amertume franche.
- Une Micro IPA descend plus bas, souvent sous les 3 %, et mise tout sur l’arôme plutôt que sur l’amertume.
Autrement dit, la Micro IPA est une session IPA poussée un cran plus loin dans la légèreté. Le marketing y est pour beaucoup, mais la tendance de fond est réelle : on veut boire houblonné sans finir la soirée à plat.
Quand boire une Micro IPA
C’est la bière de l’apéro qui s’étire, de la session entre potes où on enchaîne les verres sans s’écrouler, du déjeuner où on veut garder la tête claire. Sa légèreté est une qualité, pas un défaut : elle se boit fraîche, autour de 5 à 6 °C, et accompagne aussi bien une salade qu’un plat de fruits de mer.