Aller au contenu principal
2 min de lecture

Une bière faro, qu’est-ce que c’est ?

Qu'est-ce qu'un Faro ? Le Faro est un style de bière qui appartient à la famille belge des bières lambics à fermentation spontanée. La boisson était traditio...

2 min de lecture
Partager
Une bière faro, qu’est-ce que c’est ?

4 questions pour tester vos connaissances

Saurez-vous repondre ? Le quiz vous attend en fin d'article

Qu’est-ce qu’un Faro ?

Le Faro est un style de bière qui appartient à la famille belge des bières lambics à fermentation spontanée. La boisson était traditionnellement fabriquée en ajoutant du sucre candi, du saccharose ou de la saccharine au lambic et parfois en mélangeant le lambic avec de la bière de mars, un lambic faible en alcool.

Les origines du Faro

Le Faro est un type de bière lambic sucrée traditionnellement brassée en Belgique. Il était largement répandu dans la vallée de la Senne jusqu’au début du XXe siècle.

Le Faro était souvent fabriqué à partir des écoulements les plus faibles de la cuve de clarification (deuxième et troisième écoulements), ce qui permettait d’obtenir une bière moins alcoolisée. Dans la bouilloire, les brasseurs ajoutaient parfois des herbes ou des épices comme de l’écorce d’orange ou un peu de coriandre.

La fermentation était une fermentation naturelle et spontanée par les microbes présents dans l’air de la vallée de la Senne. Le résultat final était une bière acide, légère et légèrement aromatisée, avec parfois des notes d’épices.

Le Faro était généralement sucré avant d’être emballée ou sur place. Le brasseur utilisait l’édulcorant le plus facilement disponible, y compris le sucre candi belge, le saccharose et même la saccharine. Parfois, le faro était un mélange de bière lambic vieillie avec du lambic à faible teneur en alcool fraîchement fabriqué ou même une bière non-lambique à faible teneur en alcool.

Comment le Faro est-il brassé ?

Le faro moderne est généralement plus fort en alcool, de 4 à 5% d’alcool par volume (ABV), par rapport aux exemples historiques, qui auraient été autour de 2 à 3% d’ABV. Les versions en fût, qui sont rares, sont flash pasteurisées pour éviter la refermentation du sucre ajouté. Le volume de production actuel du faro est très faible, même si on le compare à d’autres bières de spécialité en Belgique.

Les exemples modernes de faro sont fabriqués par des brasseries belges de lambic telles que Brouwerij Lindemans, Brouwerij DeTroch, et Brasserie Cantillon.

Quel est le goût des bières Faros ?

Ils sont très doux, montrent un caractère lambic limité, et attirent, semble-t-il, un public très restreint.

Sur le plan gustatif, le faro repose sur un équilibre particulier entre la douceur apportée par le sucre et l’acidité résiduelle héritée du lambic. La fermentation spontanée, conduite par les levures et bactéries sauvages, laisse une trame légèrement acidulée et un caractère fonky discret, que le sucre vient adoucir sans totalement masquer. On y retrouve souvent des notes boisées, parfois un peu de fruit ou de caramel selon le sucre employé, le tout dans un corps léger et désaltérant. Comparé à un lambic pur, sec et franchement acide, le faro se présente comme une version assouplie, plus accessible et plus ronde en bouche.

Faro, gueuze et kriek : quelles différences ?

Le faro, la gueuze et la kriek partagent tous la même base : le lambic, cette bière bruxelloise à fermentation spontanée. Ce qui les distingue, c’est ce que le brasseur en fait ensuite. La gueuze résulte de l’assemblage de lambics de différents âges, mis en bouteille pour une seconde fermentation : elle est sèche, vive et pétillante, sans sucre ajouté. La kriek, elle, est un lambic dans lequel on a laissé macérer des cerises (kriek signifie « cerise » en flamand), ce qui lui donne sa couleur et ses arômes fruités. Le faro se distingue de ces deux styles par sa douceur : c’est un lambic, souvent jeune ou de second écoulement, que l’on sucre pour atténuer son acidité. Là où la gueuze cherche la complexité et la vivacité, le faro vise la rondeur et la facilité d’approche.

Le faro aujourd’hui

Au cours du XXe siècle, le faro a presque disparu, éclipsé par la montée des bières blondes industrielles et par le recul de la consommation de lambic. Pendant longtemps, il n’a survécu que comme curiosité régionale dans la région bruxelloise et le Pajottenland. L’intérêt renouvelé pour les bières de fermentation spontanée a toutefois favorisé sa relance, et plusieurs brasseries traditionnelles de lambic proposent aujourd’hui leur interprétation du style. On le trouve notamment chez des maisons attachées à la tradition bruxelloise du lambic, qui continuent de le brasser en petites quantités. Sa production reste néanmoins modeste : le faro demeure une bière de niche, appréciée des amateurs de styles authentiques plus que du grand public.

Cette relance s’inscrit dans un mouvement plus large de redécouverte des bières acides et de fermentation spontanée, porté autant par les amateurs belges que par une clientèle internationale curieuse de styles traditionnels. Le faro y trouve une place à part : moins spectaculaire qu’une gueuze de garde, il séduit par sa simplicité et par le lien direct qu’il entretient avec l’histoire brassicole de la vallée de la Senne. Il rappelle une époque où les estaminets bruxellois servaient ces bières au quotidien, parfois en proposant aux clients de sucrer eux-mêmes leur lambic à table, signe que la douceur du faro était d’abord une affaire de goût populaire et d’adaptation locale.

Comment servir et déguster un faro ?

Le faro se sert frais, généralement autour de 6 à 8 °C, sans être glacé, afin de préserver l’équilibre entre sa douceur et ses notes acidulées. Un verre droit ou légèrement évasé met en valeur sa robe ambrée à dorée et son effervescence discrète. Comme c’est une bière peu alcoolisée et facile à boire, elle se prête bien à l’apéritif ou à un moment de détente. Côté accords mets-bière, sa rondeur sucrée et sa pointe d’acidité accompagnent volontiers les fromages, les harengs marinés et les plats à l’aigre-doux ; sa douceur en fait aussi une compagne intéressante des desserts peu sucrés et des préparations à base de fruits. Pour qui découvre l’univers du lambic, le faro constitue une porte d’entrée idéale, plus douce et moins déroutante qu’une gueuze franchement acide.

Notre sélection

La Lindemans Faro est un Lambic foncé de type faro, moyennement corsé et traditionnel, à la saveur de sorbet. Servi de préférence dans un verre droit de marque. Accompagne bien les harengs marinés et le fromage.

En tant que plus grand brasseur de lambic en Belgique, Lindemans offre à ceux qui ne connaissent pas la bière acidulée un accès plus facile. À l’exception de leur fantastique Oud Kriek, leurs bières sont plus sucrées que celles des autres brasseurs et sont pleines d’un goût sucré et boisé qui fait de la plupart d’entre elles de fantastiques bières de dessert.

Découvrez aussi la Gueuze qui est dans la famille des lambics !

Quiz : La bière Faro

1/4

À quelle famille de bières appartient le Faro ?

Thomas

Thomas

Fondateur & rédacteur

Passionné de bière et de brassage depuis 2019, Thomas partage ses découvertes et guide les amateurs à travers plus de 200 articles sur l'univers de la bière.

En savoir plus

Cet article est publié à titre informatif. Faites vos propres recherches avant toute décision.