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technique avance

SRM : l'échelle qui mesure la couleur de votre bière

Le SRM mesure la couleur exacte de la bière sur une échelle de 1 (très pâle) à plus de 40 (noir), un repère clé pour choisir ou brasser son style.

Définition

Le SRM (Standard Reference Method) est l’échelle standard nord-américaine pour mesurer la couleur de la bière. Définie par l’ASBC (American Society of Brewing Chemists), elle est basée sur l’absorption de la lumière à une longueur d’onde de 430 nanomètres à travers un échantillon de bière dans une cellule d’un demi-pouce. Plus le chiffre SRM est élevé, plus la bière est foncée. L’échelle est largement utilisée dans les recettes de brassage, les guides de styles et les logiciels de formulation pour décrire objectivement la couleur attendue d’une bière.

SRM et EBC : deux échelles, un même principe

L’échelle européenne équivalente est l’EBC (European Brewery Convention). La relation entre les deux est quasi linéaire : EBC équivaut à environ 1,97 fois le SRM. Concrètement, une bière à 10 SRM correspond à environ 20 EBC. Les deux échelles mesurent le même phénomène physique (absorption de lumière), mais avec des protocoles de mesure et des cellules de taille différente. En Europe, les fiches techniques des malts et les descriptions de styles utilisent l’EBC, tandis que les recettes américaines et la plupart des logiciels de brassage affichent le SRM.

Échelle de couleurs détaillée

Au-delà de 40 SRM, l’œil humain ne distingue plus de différence de couleur significative. Un stout à 45 SRM et un imperial stout à 70 SRM semblent tous les deux noirs. La mesure reste pertinente pour le brasseur (elle reflète la quantité de malt torréfié utilisé), mais elle cesse d’être informative visuellement.

D’où vient la couleur de la bière

Le malt, source principale

La couleur de la bière provient en immense majorité du malt. Lors du maltage, l’orge (ou le blé) est trempée, germée puis séchée dans un touraillage. C’est la température et la durée de ce séchage qui déterminent la couleur du malt. Un malt pâle touraillé à 80 degrés est très clair (2-3 Lovibond). Un malt chocolat torréfié à 230 degrés est presque noir (350-450 Lovibond).

Les malts de spécialité les plus colorés, chocolat, black patent, roasted barley, sont utilisés en petite quantité (3-10 % de la recette) pour ajuster la teinte sans trop impacter le goût. Le degré Lovibond (°L) mesure la couleur du malt individuel, tandis que le SRM mesure la couleur de la bière finie.

Autres facteurs

Le brassage lui-même influence la couleur. Une ébullition longue et vigoureuse fonce le moût par réactions de Maillard (brunissement non-enzymatique entre sucres et acides aminés). Le pH de l’eau d’empattage joue aussi un rôle : un pH plus élevé extrait davantage de couleur et de tanins du malt. Enfin, l’oxydation post-fermentation peut brunir légèrement la bière au fil du temps.

Calculer le SRM d’une recette

Les logiciels de brassage (BeerSmith, Brewfather, Grainfather) calculent automatiquement le SRM estimé à partir de la recette. La formule la plus utilisée est celle de Morey :

SRM = 1.4922 x (MCU ^ 0.6859)

où MCU (Malt Color Units) = somme de (poids du malt en livres x couleur en Lovibond) / volume en gallons.

Cette formule est fiable pour les bières claires à moyennement foncées (jusqu’à environ 50 SRM), mais sous-estime la couleur des bières très sombres. En pratique, les brasseurs amateurs vérifient la couleur de leur bière par comparaison visuelle avec un nuancier SRM, disponible sous forme de cartes plastifiées ou d’applications mobiles.

Usage pratique

Le SRM est surtout utile pour vérifier que votre bière correspond au style visé. Les concours de brassage amateur (BJCP, coupe de France) évaluent la couleur dans le cadre des critères d’apparence. Une pale ale présentée avec 18 SRM sera jugée trop foncée pour le style (plage attendue : 5-14 SRM). À l’inverse, un stout à 25 SRM semblera suspect.

Pour les brasseurs débutants, le SRM est aussi un outil pédagogique précieux. Comprendre que la couleur des bières vient principalement du malt (et non du houblon, de la levure ou du temps de fermentation) aide à démystifier la relation entre recette et produit fini. C’est l’un des premiers concepts que l’on aborde dans tout cours de brassage, et il reste utile à chaque nouvelle recette formulée.